Mauritanienne Race 200 - Après course

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Jeudi 13: le petit déj des survivants

Tout le monde est là. 13 « finisher » au bout du compte. Sur 26, ça fait pas lourd. Les mauritaniens et l’organisation sont désolés, d’habitude il ne fait jamais aussi chaud à cette saison. En fait, le gros anticyclone que l’on a eu en Europe début mars expliquerait cette très forte chaleur inhabituelle. C’est comme ça. Le désert reste le désert, la nature reste la nature, avec ses caprices.

 

On met à notre disposition des 4x4 avec un guide. Atar, puis quelques peintures rupestres découvertes par Théodore Mono qui a beaucoup arpenté la région. Notre guide nous fait le thé à l’abri d’une des petites cavernes.

A Chingetti nous visitons une des bibliothèques privées de la ville, mémoire de la route des caravaniers et menacée par les dunes. Il fait une chaleur incroyable. Nous rentrons par la passe d’Amodjar (orthographe approximative). Suberbe! Des canyons désertiques, des kilomètres de défilés. On s’imprègne du silence, de l’immensité. Quelle sérénité, quelle beauté.

Alors que nous roulons depuis plusieurs heures dans un no man’s land total, j’aperçois une silhouette, là-bas. « c’est un nomade » me dit le guide. Il est là, au milieu de nulle part avec deux ou trois chèvres et quelques dromadaires. Vision d’un autre âge, d’un autre monde.
Nous rentrons à la nuit à l’auberge. Les organisateurs ne sont pas fâchés de nous avoir là, tous, réunis autour de la table. Chacun commente sa course. Je fais un peu le tour de ceux qui comme moi ont dû arrêter en cours de route. Si ce n’est pas le toubib qui les a sortis, c’est à cause de la chaleur, du mal aux pieds, des d’ampoules. Pas envie de marcher pendant des heures pour en finir.

Vendredi 14: un peu de fraîcheur

On repart en balade. Direction l’oasis de Terjit. Notre chauffeur fait un détour par une passe non loin de là. On croise des touristes qui font du trekking dans le coin. Sympa. Les dromadaires portent les bagages et le bivouac.

Après quelques prouesses dans le sable, on se rapproche d’un petit massif rocailleux. Le chauffeur virtuose fait passer le 4x4 à peu près où il veut. Compte tenu de l’état de l’engin, je le trouve particulièrement doué. On se gare. Un petit sentier s’enfonçe entre deux barres rocheuses, plus ou moins masquées par de superbes palmiers. Petit à petit on sent la fraîcheur...

 

Non, je ne rêve pas, c’est bien de l’eau que j’entends couler. De l’eau il y en a. Elle ruisselle le long de la falaise pour former un petit ruisseau. Je me trempe les pieds, je m’arrose un peu, quel délice! A quelques mètres de là, une vasque naturelle de quelques mètres carrés, entourée de palmiers, de l’eau s’y déverse. L’eden.

« vous pouvez vous baigner si vous voulez »
On restera deux heures allongés dans ce magnifique bassin, à barboter comme des gamins. Comment imaginer un tel paradis au milieu de cet enfer?

Saturday maure fever

En fin de matinée, on part en délégation visiter l’école et la coopérative des femmes. Bien qu’il n’y ait pas école le samedi, les élèves sont tous là, sur leur trente et un. L’instituteur nous fait visiter les classes.

 

On a droit à un émouvant « frère Jacques » ainsi qu’à une chanson de bienvenue en l’honneur des coureurs. Les filles, dans leurs plus belles robes, nous chantent un truc du folklore Mauritanien.

J’en profite pour faire un tas de photos. D’abord timides, les gosses et surtout les filles, se prêtent au jeu.

Nous visitons ensuite les boutiques de la coopérative des femmes. Nous assistons à la fabrication des petites galettes de pain que nous dévorons tous les matins. La fabrication est rudimentaire.

Elles en font pourtant 150 tous les jours, rien que pour nous. Une aubaine pour elles. Ce soir, c’est la grande fête : toutes les personnalités de la région sont conviées par Saad à un immense méchoui. La cérémonie doit commencer vers 20h. On assiste aux préparatifs. C’est le grand jeu. Un nombre incalculable de tapis a été placé sur toute la surface de la petite cour. La troupe de musiciens et de danseuses s’installe. On nous place à des endroits bien précis, sur les côtés de la grande tente, alors que les places centrales sont réservées au personnalités locales... qui se font attendre. Les femmes et enfants du village sont regroupés un peu à l’écart. A 21h, enfin, ces messieurs dames arrivent. Préfet, gouverneur, député, maires etc...Que la fête commence! Et elle commence très bien puisqu’on nous porte d’immenses plats de méchoui . On ne se fait pas prier. Pas facile de manger avec les doigts, assis par terre, mais c’est tellement bon... Après le repas commence la remise des récompenses, alterné avec quelques chansons et danses folkloriques. Une fois ces mondanités terminées, les musiciens (un joueur de oud et quelques percussions) entament quelques morceaux endiablés. Les « officiels » quittent la place dans la minute.

La piste de danse est prise d’assaut, mais surveillée et remise en ordre ponctuellement par deux militaires.
Quand tout le monde est reparti, nous restons encore une heure ou deux à boire le thé, à bavarder, à fumer quelques cigares. Merci Gérard.

Un dimanche soir à Marseille

Les bagages, les échanges d’adresses, les rendez-vous sur d’autres courses, qui sait?
On confie à Sidi nos rations de course et quelques barres de céréales. Il saura à qui les offrir.
Un dernier repas sous la tente et il nous faut reprendre ce sacré bus. Les enfants du village n’en ratent pas une. Ils restent là à nous regarder monter nos sacs sur la galerie.

Pour eux aussi, la fête est finie. Un dernier signe de la main aux gosses, une dernière poignée de main à Omar, à Sidi et à tous les autres Mauritaniens qui ont partagé cette semaine avec nous et c’est le départ.
On n’est pas trop bavard sur le chemin de l’aéroport. Je m’imprègne des dernières images de ce village au milieu du désert. Que de souvenirs en une semaine. Quelle claque!
C’est beau le désert, c’est vraiment très beau.

L’arrivée à Marseille est un peu tristounette, mais après un repas bien Français: steak et pinard, on se retrouve Karim, Patrice, Klauss et Mino au bar du Novotel pour une mémorable tournée de bières!

Le lendemain matin, direction Bordeaux et... le boulot, direct, sans transition! Dur.

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