Mauritanienne Race 200 - Prélude

Prélude - Avant course - La course - Après course - Les exploits de Joël

Toujours plus fort...

Joël a couru. Beaucoup et partout, dans toutes les conditions: sous une chaleur écrasante, ou les godasses dans la neige. Sur terrain sec, ou sous des averses interrompues. En Gironde ou en Dordogne, tout près de chez lui. Dans les Pyrénées qu'il aime tant, à peine plus éloignées. Sur l'île de La Réunion évidemment, puisque le surnom su Grand Raid est "la diagonale des fous" ! En ajoutant La Cimasa Run, ça faisait quatre diagonales Réunionnaises. Il fallait ajouter de nouveaux segments au polygone afin de découvrir de nouvelles extrémités.

Depuis plusieurs années, il ne m'avait pas caché que sa tête se tournait vers le désert. Il n'avait jamais pu concrétiser ce rêve qui brillait dans son regard: un coup c'était trop tôt, doc pas assez préparé. Un autre se trouvait calé hors planning professionnel ou familial. Et bien sûr, tous tombaient hors budget: des destinations lointaines, chères à atteindre sans dépenser une fortune dans les billets d'avion.

Pour qui connaît suffisamment Joël, quand les petites lumières s'allument dans ses yeux lors d'une sage discussion autour d'un verre de vin - voire de porto - on peut être sûr que tôt ou tard, il partira courir dans le désert. Lequel ? Quand ? Avec quels moyens financiers ? Impossible de savoir. Mais il ira.

Voici quelques semaines, je me retrouvais un dimanche à l'Ambéliet à 10h58 comme convenu. Il a lancé un café, pendant qu'il préparait le ROUGAIL, un plat traditionnel de la Réunion. Il faut de la morue, des lentilles (des vraies, pas des conserves), des tomates, de l'oignon, du riz... Bref tout un bordel... Et surtout, il faut de la sauce de piment qui vient de là-bas. Je dois reconnaître qu'il a été sympa: il a foutu la sauce à part ("on the side" comme disent les américains, qui avalent des litres de sauces qui n'ont la plupart du temps goût de rien) histoire que je puisse doser à ma convenance. Et c'est tant mieux, car trois milligrammes de cette sauce suffisent à mon sens à parfumer une morue de trente kilos.

Abandonnant les chaudrons qui frémissaient sous le feu langoureux du four à bois, ous avons fait du sport. Comprenez par là ce que j'appelle du sport: après quelques kilomètres dans ma confortable voiture, nous avons marché sur un circuit d'une poignée de kilomètres encerclant 135 hectares de "l'ancienne lande humide" (selon le panneau du Conseil général de la Gironde). Sous le couvert des pins, dans les lagunes du Gat Mort, l'eau commençait à peine à dégeler aux alentours de midi en ce mois de février 2003.

De retour dans le chalet de bois, un petit verre de porto, et nous enchaînons sur la dégustation du rougail: délicieux, mais gaffe à la sauce aux piments ! La conversation a roulé sur des projets personnels, avant de s'achever dans le désert.

La Mauritanienne

Les français sont bien meilleurs que les américains en géographie, mais je place quand même ici une carte (© Encarta - Microsoft) afin de situer l'endroit.

Premier point important: en Mauritanie, aucun alcool n'est disponible, ce qui déjà, pour ce qui me concerne, exclut jusqu'au prochain changement de régime (entendez par là de régime politico-religieux) cette destination. Un repas, c'est un plat unique, et rien d'autre: ça on peut s'en accommoder, bien qu'un petit baba au rhum... Impossible, il n'y a pas de rhum !

L'organisation précise que l'hébergement dans une auberge s'effectue sous hutte, sous tente, ou en petite maison. On trouvera sans peine des WC, mais il convient de se munir de papier toilette. Il est vrai que ce sont les Chinois qui ont inventé le papier. On peut légitimement concevoir que les communications entre la Chine et la Mauritanie ont été plutôt laborieuses au cours des siècles précédents, mais bon... De là à garnir sa valise de rouleaux de Lotus…

Ensuite, il suffit de courir 200 Km (deux cents kilomètres) dans le désert. Ca démarre le mardi 11 mars à 9h locales, soit 10 heures heure française. Ensuite, il suffit d'écouter la description résumée de Joël:

"En gros, on commence par 50k de piste qui serpente entre les oasis, enuite, 10k de piste droite et plate.
Au 60eme , 10k de dunes... On embraye avec 20 bornes de hors piste (ne pas oublier la boussole).
Du k80 au k130 : grande piste plate de 300m de large! avec... absolument rien à l'horizon (maman j'ai peur =:-o )
Après on retrouve une piste plus cool (?), mélange de sable et de cailloux... pendant 50k, pour finir les 20 derniers en retrouvant la jolie piste au milieu des oasis.
Même pas peur....
Sablonneuses salutations".

A mon avis, il dramatise inutilement. D'abord parce qu'à cette époque (mars), le jour se lève vers 7 heures et de couche vers 20 heures, soit 13 heures de lumière sur 24: c'est quand même chouette de tomber sur 13/24° de lumière, ça évitera de perdre du temps à acheter trop de piles au supermarché. Ensuite parce que pendant 70 Km, le parcours passe par "une alternance de cailloux, rochers, sable très mou, traversées d'oueds" (sic). Donc pas besoin d'emporter des barriques d'eau! Enfin parce qu'en Mauritanie, c'est aussi l'hiver. Si bien que les bestioles locales hibernent, notamment les serpents et les scorpions choisis parmi une variété dont les morsures ne sont même pas mortelles!

Ajoutez à cela que les arrivées s'étaleront entre mercredi 12 et vendredi 14 mars. Si bien qu'il convient de courir rapidement, car dès l'arrivée, c'est quartier libre jusqu'au samedi ! On peut même louer un 4x4 afin de faire un peu de tourisme.

Joël, je n'ai qu'un conseil à te donner: arrive tranquille jeudi en fin d'après-midi, histoire de passer une bonne nuit avant de te balader en 4x4 tout le vendredi. Prends des photos lors du méchoui qui clôturera la remise des prix le samedi, et ramène-moi le dimanche une petite fiole garnie de sable de Mauritanie.

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