Mauritanienne 2004 - La course (1)

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Mauritanienne 2… Le retour du JD !
(récit de Joël Delmas - mis en ligne le 25 avril 2004)

Mauritanie, nous voilà !

Je ne suis pas seul cette fois. Ma douce et tendre fait partie du voyage, non pas pour courir, mais pour découvrir le désert dont je lui ai tant parlé, participer à l’organisation de la course.

Retrouvailles : Petite halte dans le midi où nous passons une soirée sympa avec Gérard Cain, vainqueur de l’édition 2003, et nous voilà à Marseille Marignane le lundi matin. Nous retrouvons aussi Michel, le corse qui avait abandonné l’an dernier, ainsi que Gilles, nouveau candidat et sa compagne.Après quelques heures de vol nous atterrissons à Atar. Une année s’est écoulée, et me voilà de nouveau à Azoughi, remonté à bloc ! Nous retrouvons les autres concurrents et l’équipe d’organisation. Yannick est là depuis la veille. Le contrôle des sacs et la visite médicale sont rapidement expédiés.
Le soir, briefing du boss sous l’immense tente qui tient lieu de salle commune, riz mauritanien aux carottes (n’est-ce pas Gérard ?), et hop, tout le monde au lit.

La course

Rappel : 200 Km non-stop dans le désert Mauritanien. 1CP tous les 20km où l’on trouve de l’eau, du thé, nos sacs relais et un membre de l’équipe organisatrice, accompagné d’un mauritanien.

Mardi matin, 6h30 : la tension monte. Petit déjeuner et derniers préparatifs. Les 4x4 de l’organisation sont prêts à partir. Nous sommes 21, dont deux femmes, à nous lancer dans l’aventure, à tenter cette folie. Quelques bavardages et dernières recommandations, une photo pour la postérité, et c’est parti ! Il est 8h15.


Dès les premières foulées mon genou me fait mal, ça commence bien. Je marche, c’est pareil ! Je prends donc une petite foulée rasante et je serre les dents. On verra bien. Je laisse filer la tête de course et trottine en queue de peloton. Line qui est partie dans un des 4x4 me fait un petit coucou en passant et me prend en photo. Quel bonheur de partager cette aventure

J’arrive au premier CP (km20) après 2h54 de course prudente. Petit havre de fraîcheur au milieu d’une oasis.

Je suis en 13ème position. Tout va bien, faut continuer comme ça, mais pas plus vite, le but étant de finir. Vingt minutes de pause et je redémarre. J’essaie de me concentrer au maximum sur ma course, que je souhaite la plus solitaire possible afin de ne pas prendre de mauvais rythme.

La chaleur commence à monter, on doit déjà être à 35°. Cette seconde partie donne le ton au niveau du terrain : alternance de sable mou et de cailloux.

Je rattrape deux concurrents qui marchent alors que je cours doucement. Attention, pas de précipitation, mais la course, c’est la course. Je double. Plus loin, un peu avant le CP2, je retrouve Patrick qui avait fini l’an dernier. Il accuse le coup, allongé sous un arbuste.

• ça va Patrick ?
• un petit coup de chauffe, ça va passer


Le toubib est là, pas d’inquiétude, mais prudence ! Je marche un peu et me force à boire l’eau qu’il me reste. Boire, beaucoup, régulièrement. C’est vital ici. Ne pas oublier de boire. Je me suis d’ailleurs imposé une gorgée toutes les 10’ et quelque chose à manger toutes les 45’ environ. Pas question de soif ou de faim : c’est la montre qui doit commander.

CP2 : Line vient à ma rencontre. Je cours vers elle.
• ça va, on dirait. T’as l’air bien !
• pour le moment c’est bon

Et 20 km de mieux ! J’ai mis 3h. Impeccable. Je me restaure pendant que Line prépare mon sac de course, refait le plein des bidons. Je me fais bichonner les pieds qui ont déjà quelques ampoules. On m’annonce 7ème ! En fait, certains se sont déjà égarés en cours de route.

Gérard Cain est là. Il se plaint d’une douleur et annonce son abandon imminent. « Aller Gégé, tu vas pas nous lâcher là ! ». Je repars après 55 minutes de pause et apprendrai plus tard que Gérard a dû s’arrêter, préférant ne pas trop se faire mal en vu d’un calendrier de courses impressionnant pour 2004.
L’italien Simone m’accompagne.

Nous traversons un village avant d’entreprendre l’ascension d’un petit col qui nous mène sur un immense plateau, désertique évidemment.
Simone me dit de ne pas l’attendre, il a un peu de fièvre et essaie de gérer ça le plus lentement possible. Je trace. Je cours un peu même, tellement le terrain est agréable. Mais la chaleur a encore augmenté. Je commence à avoir un peu trop chaud et je marche à nouveau. Je traverse une route déserte et retrouve cette immense étendue qui avait eu raison de moi l’an dernier. Prudence.


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