| Mascareignes (1) |
Il fallait bien s'en douter, nous n'allions pas continuer à vivre, Line et moi, comme ça à plusieurs milliers de kilomètres l'un de l'autre.
Nous avions pensé d'abord à une venue de Line et de ses enfants en métropole. On aurait un peu poussé les murs de ma cabane à Belin. Mais lors d'un séjour chez moi fin décembre 2002, j'ai bien senti que la petite famille créole allait manquer de soleil et de chaleur dans le brouillard girondin.
La décision a été lourde à prendre, mais je me suis décidé assez vite en fait, courant janvier 2003. Il fallait vendre la maison que je n'avais pas encore tout à fait finie, quitter mon boulot, ma famille, mes amis, et embarquer avec moi mon fiston qui allait avoir 16 ans à la rentrée prochaine. Départ programmé, le 9 septembre.
Une fois le pas franchi, tout s'est vite accéléré,
il a fallu tout mettre en ordre avant de partir et prévoir l'avenir.
Passant par La Réunion pour participer au grand raid de Mayotte en
juin dernier, j'en ai profité pour trouver un centre de formation
et un resto afin que Hugo puisse comencer son apprentissage de cuisinier.
J'ai maintenant l'impression que tout est passé très vite, et pourtant les 8 derniers mois en métropole ont été riches en émotions et en décisions quelquefois dures à prendre.
Me voilà donc installé dans le petit village du Guillaume, à 600 mètres d'altitude, au milieu des champs de cannes. C'est une nouvelle vie, un nouveau départ, une grande page tournée. La vie en famille se passe bien, Hugo s'est fait plein de potes, tant au resto qu'au centre de formation. Il a été agréablement surpris par la gentillesse spontanée des créoles: ici on fait pas la gueule!
Pour ma part, je m'occupe de mon petit monde, passant de cuisto à coursier, jardinier ou bricoleur, ça dépend de l'humeur et des priorités. J'ai recommencé mes entraînements course à pied, mais ici fini les longues sorties sur le plat, j'attaque la côte dès que je sors de chez moi. Mais c'est autre chose, magnifique et haut en couleurs.
Côté boulot, je dois rencontrer des gens cette semaine, mais rien ne presse, hein!
Joël.