| Le Basque |
Il vient des hauteurs du pays Basque. Un endroit où les droits de douanes sont très peu élevés. Contrebandier, joueur de pelote, amateur de rugby, il part en pèlerinage tous les étés aux fêtes de Pampelune.

Il sait prendre des risques: récemment, en plus de son travail habituel, il arrondit ses fins de mois en devenant pilote d' essai d'un véhicule à la couleur "bizarre"...

Il ne craint que deux choses dans la vie: les moustiques pervers de Mios, et les fromages, d'où qu'ils proviennent.
Voici quelques années, j’étais en charge du département R&D d’une entreprise Girondine de haute technologie. Nous (nous, car les décisions sont, à ce niveau, collectives) avons embauché Michel au bureau d’études mécanique : un jeunot Basque, c’était son premier emploi (si je me souviens bien). Il a tellement bien bossé qu’il est rapidement devenu chef de projet de la gamme des machines de découpe au laser. Un sujet complexe, qui mélange de la mécanique, de l’électronique et de l’informatique, destiné à des clients exigeants. Il a parfaitement réussi cette mission. Nous lui avons alors demandé de s’atteler à un autre projet, qui « merdait » depuis longtemps. Là encore, il a remporté de beaux succès. Toutes ces années nous ont donné le temps de devenir copain, car humainement, ça c’est bien passé entre nous, dès le premier jour.
Je suis parti vers d’autres cieux. Dans la même boîte, Michel a changé de département afin de pouvoir se défouler en dépensant beaucoup d’argent. Le 1° mai 2007, il a pris un nouvel envol en partant bosser dans une nouvelle boîte située au Pays Basque.
Pour nous faire partager sa joie de retourner au pays,
il nous a conviés à une fête dont vous trouverez les photos ici.
Voilà.
Oui, je sais, vous allez me dire : d’habitude, tu racontes plus et mieux, là ça fait sec, comme un compte-rendu administratif, tu ne parles d’aucun gag avec ce copain, etc. Vous avez raison, mais vous dites ça parce que vous ne connaissez pas la vraie recette de la tourte. En demandant à Google, vous obtiendrez des tartes gavées d’épinards, de poulet, de lapin ; ou encore des versions régionales comme Lorraine, Lyonnaise, Auvergnate. Bref, des éléments qui n’ont rien à voir avec la tourte Basque (ou Landaise d’ailleurs, ils ont copié la recette), dont je vais vous expliquer la « fiche cuisine » :
Un plat chaud pour deux personnes (deux hommes de préférence),
délicieux pour celui qui le sert.
Vous saurez que vous avez réussi s’il disparaît instantanément de votre champ de vision. Vous pourrez vérifier en le voyant étendu sur le sol. Les picotements, voire la douleur, que vous ressentirez dans la main constituent également un signe de réussite : plongez vos mains dans le seau à glace en le regardant souffrir.
Au lieu de lancer la main à plat, vous pouvez la serrer en forme de poing afin que les dégâts soient plus importants. Dans ce cas, afin de contrôler si vous avez réussi, observez l’écoulement du sang de sa tête vers le sol (dents, nez, pommette, arcade)
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Dès l’enfance, Michel a appris la recette de la tourte Basque. Il l’a peaufinée à l’adolescence, notamment en s’entraînant avec son frère. Si bien qu’avant d’être adulte, il était déjà reconnu comme un expert incontournable en la matière. Notez bien qu’il n’est pas du tout du genre à distribuer des tourtes pour un oui pour un non. C’est même tout le contraire : calme, réfléchi et tolérant. En même temps modeste, discret, pudique. Donc si je racontais trop, je risquerais de m’exposer à une tourte !
Vous vous en foutez ? Je comprends… Remarquez, j’ai envie de prendre le risque, car j’ai deux ou trois choses à ajouter. Autant attaquer fort, je n’aurai peut-être pas le temps de continuer à taper sur mon clavier avant qu’il ne se pointe…
Michel est un chef de projet modèle. Techniquement, il assure. Si besoin, il n’a pas peur de demander à d’autres, qu’il s’agisse de collègues ou de personnes extérieures à l’entreprise. Dans toute boîte, il existe des clans, plus ou moins affirmés au fil des habitudes, des jalousies, des succès et des ratés : Michel a su naviguer sur ces hauts fonds sans jamais s’échouer, tout en invitant quelques irréductibles à changer de position. Il a un regard zoom : la longue focale rivée sur l’objectif, le grand angle pour accepter la controverse ou d’autres approches… Qu’il sait d’ailleurs pulvériser avec humour, si elles sont fantaisistes.
Normalement, un chef de projet pleurniche (en privé) auprès de sa direction : il n’a pas assez de moyens humains, pas assez de temps, pas assez de place, pas assez de budget… Michel ne sait pas pleurnicher, il sait expliquer, argumenter, convaincre. Sa détermination disparaît sous un comportement paisible. Il ne se contente pas de gérer une équipe, mais de l’animer : c’est là toute la différence.
Enfin, il est plein d’humour. Dans un style très British, ce qui détonne par rapport à ses origines Basque : capable de demeurer très sérieux en sortant les pires embrouilles ! Visage impassible, stoïque mais à l’aise, il amène un interlocuteur dans les pires délires alors que l’entourage, cassé de rire, évacue la pièce.
Bientôt, quelques épisodes de souvenirs…
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