Ma découcerte du hip-hop

Comme souvent, ça c'est passé par hasard. Le samedi 7 septembre 2002, je n'avais pas grand chose à faire en soirée. Pourquoi ne pas aller à Saint-Germain-du-Puch afin de voir ce que donnait la fête locale ? Certes, j’avais déjà dans l’idée de cibler mon compte-rendu pour le journal SUD OUEST sur le spectacle du dimanche après-midi, qui s’annonçait original : la lecture de vielles lettres, écrites par des inconnus aussi bien que par les plus célèbres écrivains ou artistes. Mais il se passerait peut-être quelque chose ce soir…

Le "marché à l'espagnole" inscrit au programme des festivités ne tenait guère ses promesses: les étalages étaient épars, et les badauds rares. Rien à voir avec l'ambiance que j'avais vécue à Madrid ou à Barcelone. C'était l'heure du banquet: la foule n'avait cure de faire le marché, elle préférait s'installer autour des tables afin de déguster.

Pendant les salutations d'usages aux notables et à quelques connaissances, je remarquais un attroupement à l'angle opposé. Un groupe de percussions entrait en action alors que je m'approchais: pas mal, ça méritait quelques photos. Après les applaudissements, un amplificateur poussif posé sur un bidon a commencé à lancer de la musique genre rap. Trois jeunes se succédaient sur un tapis posé à même le dallage pour exécuter des figures de danse. J'avais déjà vu des rappeurs à la télévision au hasard (encore lui !) d'un zapping. Mais là, en trois dimensions, ça prenait un tout autre relief. Après être resté paralysé par l'agilité et la grâce déployées, je tentais quelques photos. Exercice difficile en extérieur, sous une lumière déclinante, que le flash se fatigue à renforcer, alors que l'autofocus est trompé par la vitesse des mouvements. Peu importe, j'en aurais peut-être trois de bonnes sur la vingtaine prises. La foule a spontanément salué par de vifs applaudissements les performances de ces jeunes diables qui défiaient l'équilibre.

Des photos prises lors de cette soirée
viendront ici prochainement !

Tout en rangeant mon matériel, je m'approchais de celui qui semblait être "le chef":

Ni lui ni moi ne le savions, mais c’est toute une histoire qui venait de commencer. D’abord et avant tout son histoire. Car il a créé son école de danse, avec le soutien de la municipalité de Saint-Germain. Et dans une moindre mesure la mienne, car c’était une opportunité de découvrir l’univers des passionnés de hip-hop. J’ai navigué sur le Net afin de comprendre la naissance de ce mouvement, mariage complexe de musique, de danse, de graphisme, de tenue vestimentaire et d’attitudes. L’occasion aussi de parler de hip-hop dans les pages locales du journal, ce qui n’est pas monnaie courante.

Nous sommes restés en contact, et rendez-vous fut pris le vendredi 29 novembre 2002. Il s’agissait de prendre des photos afin d’annoncer le premier spectacle (ou mieux « Battle », comme bataille ou compétition, car des équipes de danseurs s’affrontent) organisé par l’école du « Club Dance Urban » qui aurait lieu quelques jours plus tard. Les tout jeunes élèves n’effectuant à l’époque que des figures basiques (ils n’avaient qu’une poignée de semaine de cours au compteur), Lucky avait fait appel à des copains expérimentés de Pompignac.

Ambiance un brin bizarre au départ : qu’est-ce qu’un quinquagénaire venait foutre là ? Je les entendais penser que ce serait probablement encore un coup où un journaliste s’appliquerait à démolir une jeunesse insouciante et débauchée ! Nous avons commencé par les photos : plus facile qu’en extérieur à la nuit tombante, mais toujours aussi difficile de capter le sommet d’une figure. Le gros avantage d’un appareil numérique consiste à pouvoir constater sur le champ si c’est bon, passable, ou nul. Nous avons vérifié ensemble… et la plupart du temps, nous étions d’accord pour trouver le résultat archi nul. Ils se sont prêtés au jeu, en recommençant leurs acrobaties jusqu’à ce que je dispose d’un jeu correct de photos. A la réflexion, je pense qu’ils ont trouvé bizarre qu’un vieux puisse reconnaître qu’il se plante ! Si bien qu’ils ont ralenti leurs danse, expliquant à quel moment il fallait shooter, et se sont dépensés sans compter dans quelques pauses statiques faciles à saisir.

Puis nous avons discuté. J’ai découvert Julien et Etienne qui m’ont expliqué leur passion, parlé des « crews » (équipes de danseurs) de la rive gauche de Bordeaux, de ceux de Paris, de Lyon…. Ca aurait pu durer des jours. De retour, j’ai vite placé sur un petit site Web les photos, et Etienne m’a aidé à sélectionner les meilleures afin de passer l’annonce du spectacle dans le journal.

A suivre…


Quelques photos du 29/11/2002


Lucky (à l'envers!)

???

???

Etienne

Etienne

???

Etienne

Julien et Etienne

Etienne et Julien

??? et Lucky

??? et Etienne

Julien et Etienne

Lucky et ???

Etienne