| Cross du petit Bénare |
Récit de Joël Delmas
Histoire de faire un peu de pub pour ma boutique et aussi d'aller prendre l'air, nous avons participé Line et moi au cross du petit Bénare, dimanche 14 novembre. Départ de La chaloupe St Leu , alt 800m. Oblectif : grimper jusqu'au sommet du petit Bénare, alt 2600, et retour. Parcours de 37km. Départ à 7h du mat.
2 Km de route plate dans le village et hop, sortez le petit braquet, rangez
vos leçons de course à pied, prenez vos manuels de verticalité !
Un petit bisou à ma douce, et j'enfonce la pédale de droite.
"Chemin béton" pendant 2 km , puis on arrive dans les pâturages.
A mon avis, les vaches doivent avoir des sabots cramponnés ici.
J'attaque le sentier d'un bon pas. Chacun trouve sa place, son rythme, se cale à la
bonne vitesse, c'est à dire la sienne et pas celle du voisin. Je rattrape
une "tantine" aux couleurs du club de la plaine des cafres, mais
elle alterne marche et course alors que j'essaie de garder le même pas
de métronome. J'allume un coup et la double... définitivement.
J'ai maintenant en ligne de mire deux types devant moi, un bleu, un jaune
(c'est la couleur de leurs maillots, hein) et j'ai donc à mes trousses
la tantine en vert.
Le décor est planté et ne changera pas jusqu'au sommet. Chacun
sa place. J'ai avec moi un petit gadget qui me sera d'une grande utilité :
ma Suunto altimètre qui me donne non seulement mon altitude, mais aussi
et surtout ma vitesse d'ascension. Je me cale sur 700m/h environ: je sais que
je tiendrais assez facilement ce rythme sans me cramer, parce que pour la descente,
va falloir garder de la jambe; dès que je rêvasse ou que j'admire
le paysage magnifique, hop! je cartonne à près de 1000m/h: pas
bon ça, pas bon du tout. Aussitôt, je calme et me recale à 600/700m/h,
rythme que je tiendrais jusqu'au ravito du piton rouge, à 2400m d'altitude,
200m donc avant le point culminant. Une petite hypo 10' avant d'y arriver mais
rien de grave. Je refait le plein en 30" chrono, je m'envoie 2 verres
de coca, avale 2 comprimés de dextrosante, et hop! à moi le petit
Bénare. Faut pas traîner, la tantine en vert rapplique. Je file.
Le pointeur du sommet m'annonce 47ème (pour 75 partants). Je dégringole
sur l'autre versant: ho! Bonjour le sentier. J'ai mis mes mitaines de VTT,
au moins si je tombe, j'aurais les mains intactes. Vous avez déjà couru
sur des grattons de lave, dans une grande rigole au milieu de roches en forme
de rasoirs ? Ben là c'est un peu ça. Même pas peur.
J'allume un coup et je bouffe les deux que je suivais pendant toute la montée,
le bleu et le jaune. Ha ! Ca fait du bien. Trente secondes après,
je me fais doubler par un avion que j'avais vu revenir tout à l'heure:
le type, je sais pas, y doit pas habiter la même planète, pas être
soumis à la même pesanteur. Je fais trois pas au milieu de la
caillasse en essayant de trouver un éventuel appui pour mes petons pendant
que lui n'en fait qu'un, tout droit. Son pied, ben il a qu'à se démerder à se
pauser où il peut. Impressionnant ! Il disparaît en dix secondes.
Après cette dégringolade, on rattrape une piste 4x4 presque plate
ou très peu descendante. J'ai pas beaucoup de jambe, les quadri en feu
après le bobsleg « vulcanobipéde » et aussi
sûrement mon gros manque d'entraînements en course pure.
Le type en bleu me passe au ravito, il fait l'impasse c'est ce qu'il me fallait
pour repartir…
1 km après je le repasse en me forçant à « grandenjamber » et
en lui jetant un "ça va?" rigolard, on s'amuse comme on
peut. Je mets 3 bornes à le lâcher lorsque je vois rappliquer
l'autre en jaune ! Vous allez pas me lâcher les basquets, non?
Je le laisse revenir, et hop, dès qu'on rattrape un sentier, au milieu
d'une magnifique forêt de calumets, j'allume un coup! Ca marche, le
type n'a toujours pas fait de progrès en descente sauvage. Je le laisserai
donc revenir à chaque portion de route ou de piste et le distancerai à chaque
portion de sentier. Je cravache quand même pour assurer et je rattrape
deux autres coureurs, mais ceux-là sont cuits et veulent juste arriver
au pointage suivant pour rendre leurs dossards.
J'arrive à midi cinq, juste impec pour l'apéro, 40 ème
au scratch, après 4h55' de course, ce que je n'aurais osé espérer.
Mes poursuivants dans les minutes qui suivent. La petite dame en vert arrive
en 5h27, et là je la reconnais: c'est Mireille Séry, multi lauréate
de GRR !
Je suis un peu soufflé d'être devant elle, mais bon, comme tout
le monde, elle n'a pas rajeuni, mais reste une excellente V2 .
Après m'être restauré et avoir assisté à la
remise des prix, je reprends les basquets, le short, ma poche à eau,
et je repars sous l'oeil étonné des autres coureurs. Ben oui,
quoi, y a ma poupette par là sur les sentiers, et qui doit suer sang
et eau pour terminer. J'ai un peu honte de l'avoir entraînée dans
cette galère. Je remonte la course sur 4 ou 5 km et je la vois enfin
arriver, toute souriante, contente de me voir quand même! Elle finit
en 7h07', ce qui est très bien, vu qu'elle ne s'entraîne pratiquement
jamais, mais bon, "ça c'est la race!".
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Elle se classe 3ème v1F et 3ème non-licenciée, et nous
ramène
deux coupes à la maison ! Moi.... que dalle! C'est bien la peine
de se faire mal. On en rigole.
Il y avait 78 partants environ (dixit l'organisation...) et 74 classés.